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ESPOIR, OU IMPOSTURE ? Adresse aux associations et à quelques autres |
Professeur à l'Ecole d'architecture de Paris La Villette Administrateur de la fédération France Nature Environnement Pilote du Pôle Aménagement durable du territoire |
A l'approche de la Conférence de JOHANNESBOURG, familièrement rebaptisée RIO+10 -ce qui fait plus chic et plus progressiste que Stockholm+30 !-, il n'y a plus de semaine qui n'ait sa conférence ou son colloque traitant de la question, quand ce n'est pas un manifeste.
I &endash; DEVELOPPEMENT DURABLE, DE QUOI PARLE-T-ON ?
Cette terminologie a commencé à être utilisée à la fin des années soixante-dix dans un cercle restreint de spécialistes de protection de la nature, pour désigner un mode de développement plus soucieux des ressources de celle-ci. C'est pourquoi on le trouve pour la première fois dans un document officiel émanant de l'UICN , la " Stratégie mondiale de la conservation " publiée en 1980. On peut dire que celle-ci est l'héritière directe de la grande conférence mondiale tenue à Paris en 1968 sous les auspices de l'UNESCO (au moment même où FNE était créé) sur la conservation, plusieurs années avant la publication du premier rapport du Club de Rome .
Le développement durable, quant à lui, s'inscrit dans une double filiation. Il s'inspire de toutes les idées débattues depuis l'apparition de l'environnement dans les années soixante, autour de l'intégration de ce dernier dans les autres politiques. Il s'appuie également sur la réflexion conduite en 1971 pour la préparation de la première conférence mondiale sur l'environnement , qui a vu proposer par un petit groupe d'éminents spécialistes le concept d'écodéveloppement . Le thème a pris toute son ampleur en raison de l'exigence explicitement posée par les pays du Tiers-Monde, Groupe des 77 en tête, pour ne pas boycotter la conférence de Stockholm : que soit largement débattue la question de leur développement, et pas uniquement des ressources naturelles et des pollutions.
Du processus lancé à Stockholm est logiquement sortie la Commission des Nations Unies sur l'environnement et le développement qu'a présidée Madame BRUNDTLAND, et l'adoption en 1987 de son célèbre rapport par l'Assemblée générale de l'ONU, qui posait la première véritable définition officielle du développement durable.
" Le développement durable répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ". Toutefois, à côté de cette formulation lapidaire, prenaient place de multiples considérations sur les plus démunis, les insuffisances des techniques et de notre organisation sociale, ou la volonté politique indispensable .
De multiples instances et auteurs ont proposé des approfondissements de cette brève définition . Plutôt que d'en faire l'exégèse, il est ici plus nécessaire de se rappeler quelques points essentiels :
- le DD n'est pas un état de fait, c'est un horizon doublé d'un processus qui permet de s'en rapprocher ; l'horizon étant fondamentalement d'aller à l'encontre de ce qui n'est pas durable dans le développement ;
- le DD se présente comme une voie équilibrée entre les exigences de l'environnement, du social et de l'économique, et on le schématise généralement par ce triangle isocèle.

J'ai personnellement proposé de substituer à ce triangle un carré (plus stable que le triangle ?), qui intègre une dimension manquante, la dimension culturelle, laquelle inclut notamment les questions de l'éducation, de la formation du système des valeurs collectives de la société, et de l'épanouissement de chacun . Cette conception des choses permet d'écarter un certain nombre de dérives auxquelles se prête la notion de DD, en mettant l'accent sur la composante immatérielle et la question philosophique.

Les contenus de chacune de ces cases sont évidemment considérables, et mériteraient une explicitation circonstanciée. Ils recouvrent notamment beaucoup de points essentiels pour les associations. Par exemple, comme le soulignent Christian Brodhag et José Cambou, le social renvoie aux questions cruciales de la citoyenneté et de la (" bonne ") gouvernance, questions omniprésentes dans la Déclaration de Rio, qui les place à juste titre dans le registre des principes .
Le DD repose en effet sur une série de principes fondamentaux. La Déclaration de Rio, un peu touffue, a retenu 27 principes ; le tableau joint en propose une douzaine, essentiels pour les associations, dont plusieurs sont aujourd'hui inscrits dans le Traité de l'Union et dans les lois françaises. L'important est évidemment de vérifier qu'ils sont appliqués comme il convient, dans tous les domaines, à toutes les étapes, et à tous les niveaux concernés.
Quant aux objectifs du DD, ils se trouvent d'abord exposés dans le programme d'action adopté à Rio, baptisé Agenda 21 (programme pour le XXème siècle : 40 chapitres et 259 pages !). On peut certes discuter le contenu de ce programme &endash; nécessairement très incomplet, tant il embrasse de sujets -, mais il demeure le cadre de départ reconnu et adopté au plan international ; avant de réinventer l'eau tiède, comme cela est souvent le cas dans ce domaine encore mal vulgarisé, il est néanmoins nécessaire de partir de là.
II &endash; LE CAS SINGULIER DE LA FRANCE
La France en ce domaine se présente comme un cas tout à fait singulier parmi les pays industrialisés, dans la mesure où l'on y rencontre les attitudes les plus contradictoires sur le sujet, avec sensiblement le même statut. Elle reproduit avec une grande fidélité la situation que l'on a connue dans les années soixante-dix autour de la question de l'environnement - que plus personne ne discute aujourd'hui en tant que telle, les divergences ne portant plus que sur l'appréciation de son acuité globale et de la hiérarchie des problèmes.
Cette situation se caractérise par une perception très vague de la réalité internationale et une méconnaissance profonde des engagements de la France, qui se traduisent par :
- une perception quasi-générale de l'expression " développement durable " comme un nouveau lieu commun, sans histoire et sans contenu défini, que chacun peut définir à sa guise, et tout particulièrement comme la manière de poursuivre ses propres activités en les faisant croître le plus possible (" business as usual, or more if possible ") ;
- une grande ignorance de la majeure partie de la population, néanmoins capable de progresser rapidement pour peu que l'on daigne l'informer ;
- l'existence d'une frange très minoritaire, mais néanmoins influente, que l'on peut qualifier de " négationnistes " ; on y retrouve quelques intellectuels emmenés par des personnages comme Luc Ferry, mais aussi d'autres moins caricaturaux et plus inquiétants, tels ces chercheurs en biologie moléculaire, en physique ou en génétique qui ne connaissent rien en écologie fondamentale et appliquée, et qui n'ont pas le moindre questionnement sur les risques environnementaux de diverses technologies, à l'instar de ceux qui soutenaient autrefois sans état d'âme que les organochlorés, l'amiante, la radioactivité naturelle, le plomb dans l'essence ne présentaient pratiquement aucun risque. A ces intellectuels s'allient tout naturellement nombre de représentants d'activités et d'intérêts (privés et publics !) qui se sentent potentiellement mis en cause, moralement, juridiquement et financièrement.
- la résistance d'une bonne partie des " élites pensantes " à ce qui peut apparaître comme une idéologie consensuelle et bien-pensante venue du monde anglo-saxon, suspecte de véhiculer un flot de bons sentiments et un conformisme bêlant et puritain, conduisant à l'infantilisme, à l'étouffement du primat de l'homme sur la nature, à l'occultation de la question sociale et du politique ; ce courant trouve sans peine un curieux écho dans une couche de la population volontiers poujadiste, peu encline à se poser des questions sur le devenir de la société et à se remettre en cause (la convergence sur la bonne bouffe autour des ortolans par-dessus les frontières sociales !).
- des partis politiques et des organisations socio-professionnelles qui se contentent, à tout hasard, d'une rhétorique souvent creuse, et verraient bien le plus souvent ce trublion qu'est l'environnement placé sous la tutelle des approches économiques et sociales du siècle dernier justement totalement remises en cause par la problématique environnementale et d'autres grandes questions sociétales -, attitude implicitement partagée par une bonne partie des associations d'usagers et de consommateurs qui peinent également à moderniser leur représentation du monde et de la société.
- une administration et des élus parcourus par les attitudes les plus kaléidoscopiques que l'on puisse imaginer, avec une aile marchante d'élus et de fonctionnaires de l'Etat ou des collectivités qui voient dans le développement durable une mission essentielle du service public de l'avenir.
- l'existence d'un petit groupe de décideurs de haut niveau en contact fréquent avec la vie internationale, qui considère, médusé, le côté étriqué et franchouillard de nombreux acteurs concernés, complètement à côté des réalités de ce monde et plus encore de l'avenir qui se dessine à l'échelle mondiale ; décideurs qui, à tout le moins par raison, essayent de se saisir du concept et d'y sensibiliser leurs troupes, généralement méfiantes et réticentes.
- le sentiment confus pour une grande majorité de Français d'un lien puissant entre leur perception des questions environnementales, et les autres grands problèmes, problèmes économiques, faiblesse du politique, pauvreté, inégalités, solidarité, développement, modèles de production et de consommation, qualité de la vie et pour beaucoup aussi, l'aspiration à des changements profonds.
- la présence d'un mouvement social agissant par conviction, associatif, syndical, confessionnel, laïque qui s'informe, réfléchit et se fait parfois l'actif propagateur de la notion de développement durable ; on y trouve non seulement des associations d'environnement et de développement, mais certaines associations d'usagers, de consommateurs, et diverses organisations plus ou moins bien identifiées par la mouvance de FNE.
- des associations de protection de la nature et de l'environnement qui ont eu souvent beaucoup de peine dans les années soixante-dix à quatre-vingt à " digérer " l'approche environnementaliste, approche suspecte au départ d'ouvrir la porte à une trahison de la composante naturaliste du mouvement. Non sans quelque raison, elles font aujourd'hui pour beaucoup preuve d'une grande méfiance face à ce qu'elle perçoive comme une nouvelle tentative de noyer le poisson. Méfiance aggravée si elles se trouvent en position de faiblesse, si elles n'ont pas pu ou pas su trouver d'alliés en dehors des proches sympathisants, et si elles ont n'ont guère eu l'expérience d'un travail dans les dimensions sociale et économique de l'environnement.
- une petite frange de militants et de citoyens radicaux à divers titres, mais sur des positions philosophiques très hétérogènes, parfois violemment contradictoires (la nature vaut autant sinon plus que l'espèce humaine ; la situation des plus pauvres exige une révolution politique et la domestication de la nature), mais qui convergent sur la nécessité d'une vraie révolution. Cette position trouve un écho important chez ceux, très nombreux, qui appellent à des changements profonds de société ; mais la frange radicale sert de caricature et de repoussoir commode à ceux, également assez nombreux, qui ne souhaitent pas ces changements, voire les combattent.
Dans ce constat contrasté, les éléments favorables à la diffusion positive de la notion de développement durable paraissent néanmoins appelés à prendre le dessus :
la sensibilité de l'opinion française aux questions d'environnement ne cesse de surprendre, notamment les observateurs étrangers qui voient notre pays comme le mauvais élève de la classe, ainsi que nos responsables nationaux &endash;que cette réalité a souvent le don d'agacer ; malgré toutes sortes de contradictions dans le comportement de nos concitoyens, elle indique un terrain plutôt propice à l'émergence d'une nouvelle conception des choses : rapport à la nature et au territoire, redéfinition des concepts économiques, modes de production et de consommation, citoyenneté, solidarité entre les humains et avec les générations futures, etc., conception du progrès en général, qui est l'objet même du développement durable.
même si leurs motivations ne sont pas totalement désintéressées, nombre de décideurs ont commencé à changer de discours, puis de cap, que ce soit dans la sphère du politique ou de l'activité économique. Les progrès menaçants de la destruction de l'environnement, des maladies, des comportements réactionnaires et égoïstes, de la pauvreté, de la guerre, etc. montrent à l'évidence que l'on est encore loin du compte. Mais on ne peut ignorer, au-delà de régressions et d'échecs évidents, des modifications profondes du contexte (subventions agricoles, par exemple), qui vont dans la bonne direction.
III &endash; LES EMBUCHES DU DEVELOPPEMENT DURABLE ET LA NECESSITE D'UNE INTERVENTION DES APNE
L'idée de développement durable n'est pas seulement née d'une peur devant les catastrophes provoquées par l'espèce humaine, ni même d'un sentiment de responsabilité ; c'est surtout une idée généreuse. Comme toute idée généreuse à large portée, elle se prête aux pires manipulations. Elle n'a rien à envier en cela à la démocratie, la gouvernance, la lutte contre la violence, la protection du patrimoine, ou les droits de l'homme : on peut y mettre réellement n'importe quoi, tant que des positions claires et détaillées ne sont pas affichées, avec des instances permettant de garantir leur mise en application.
1) On peut d'abord faire comme si le débat opposant développement et croissance n'avait pas eu lieu depuis des décennies, la croissance ne s'intéressant qu'au quantitatif, et le développement prenant en compte aussi bien quantitatif que qualitatif. Et comme si la critique du PIB n'avait pas été faite, et désormais concrètement traduite par un changement d'indicateurs au niveau mondial, pour mesurer la situation réelle des pays. Il faut évidemment se méfier du double sens issu de deux courants historiques simultanés, source de contresens,
- le développement comme progrès de l'homme dans sa totalité - vision humaniste et culturelle privilégiant l'être sur l'avoir ;
- et le développement comme mécanisme permettant à des pays " en retard de développement " d'accéder sinon à l'abondance, du moins à un niveau de satisfaction des besoins essentiellement matériels se rapprochant progressivement de celui des pays industrialisés &endash; vision matérialiste -, en suivant plus ou moins leur modèle de société de consommation.
L'approche des organisations de " développement ", longtemps entièrement ciblée sur un progrès matériel immédiat pour les populations les plus défavorisées, a notablement évolué avec une meilleure prise en compte de l'environnement. Leur sensibilité aux drames humains leur rend parfois difficile certains arbitrages en faveur du long terme, alors qu'elles se trouvent confrontées à des situations d'urgence alimentaires et sanitaires difficiles à supporter.
2) Dans la mise en synergie des points de vue, l'environnement peut facilement se trouver laminé et réduit au statut d'habillage en vert. Pour beaucoup de décideurs, forte est la tentation, accaparés qu'ils sont par les questions sociales et économiques à court terme, envisagées de surcroît à l'échelle de leur circonscription ou de leur entreprise. Et cela d'autant plus que beaucoup de forces sociales encouragent cette attitude &endash;syndicats, usagers consommateurs.
Les APNE ont évidemment un rôle majeur à jouer pour que l'environnement conserve un statut d'égalité vis-à-vis des autres entrées, en mettant bien en évidence les enjeux patrimoniaux, sociaux et économiques de sa protection et de sa reconquête, à court, moyen et long terme.
La question de la biodiversité et du bon fonctionnement des écosystèmes est par exemple un critère souvent central.
Mais d'autres questions moins familières ont besoin d'être posées, telles que le contenu en emploi des projets, sachant qu'une bonne gestion d'un environnement diversifié exige généralement une large présence d'actifs sur le terrain, avec des qualifications très variées. Ou bien, la question de la qualité de l'environnement en termes de valorisation d'un territoire et de ses productions. Ou encore, celle de l'appropriation du vivant et des biens communs
3) Le DD pose explicitement une double question :
- celle des limites à poser pour l'exploitation des ressources de tous ordres et dans l'utilisation des possibilités de la science et des techniques. " La notion de développement soutenable implique des limites. Il ne s'agit pas de limites absolues mais de celles qu'imposent l'état actuel de nos techniques et de l'organisation sociale ainsi que de la capacité de la biosphère de supporter les effets de l'activité humaine " .
- celle de la construction de projets recueillant une adhésion suffisante pour en consolider la légitimité sociale, prenant en compte correctement toutes les dimensions des problèmes, et proposant des réponses perçues comme désirables, innovantes et motivantes.
4) L'intégration effective de l'environnement aux diverses politiques et aux diverses composantes de la vie des organisations reste un critère absolu pour tout programme d'action qui prétend aller dans le sens d'un développement durable.
Une commune qui se contente de mener des politiques sectorielles (déchets, bruit, paysage, assainissement, ) sans les remailler entre elles, et surtout sans en faire une composante de ses projets d'urbanisme, de développement économique, de coopération, d'action sociale et culturelle, ne saurait par exemple y prétendre. De même une entreprise qui s'efforce d'économiser l'énergie &endash;ce qui va dans le sens de sa bonne gestion interne- mais qui ne fait aucun effort sur la mobilité domicile-travail de son personnel, ni sur sa logistique, ou qui externalise sans contrôle ses activités nuisantes, n'est pas encore sur la bonne voie.
5) Le DD suppose un regard qui embrasse et articule toutes les échelles d'espace -du plus local au plus global- et de temps, dans la pensée comme dans l'action. Toutefois, si toute contribution, si modeste soit-elle, mérite considération, les phénomènes et causes majeures ne devraient jamais être perdus de vue.
Les modes de production, les modes de vie et de consommation, le rapport au travail et au temps libre, la conception des rapports homme-nature, le fonctionnement de la démocratie, les rapports de solidarité, l'équité et les inégalités écologiques en sont des éléments marquants. L'action pédagogique doit donc porter également sur ces éléments, en gardant la distance nécessaire au respect de la formation personnelle des opinions et au libre-arbitre de chacun.
Le DD ne va pas de soi, et le rôle des APNE est de contribuer à diffuser des éléments de réflexion, de propositions, de savoirs et de savoir-faire aujourd'hui encore peu perçus, et à rendre possible leur concrétisation.
(Toute utilisation de ce texte - est-il utile de l'écrire ? &endash; se trouve soumise au plaisir de citation explicite. Merci d'avance)
PRINCIPES DU DEVELOPPEMENT
DURABLE ET DESIRABLE©
GLOBALITE, INTEGRATION, TRANSVERSALITE
PROSPECTIVE
BONNE ECONOMIE
- Gestion économe des ressources et biens collectifs
- Internalisation des effets externes (sociaux, écologiques, patrimoniaux )
- Prise en compte des coûts de fonctionnement (financiers et autres)
COHERENCE MODULEE / DIVERSITE,
COMPLEMENTARITE et ADAPTATION
PRECAUTION et PREVENTION DES RISQUES
SOUPLESSE et REVERSIBILITE
PREVENTION A LA SOURCE
POLLUEUR-PAYEUR
REPARTITION EQUITABLE
DES CHARGES ET DES AVANTAGES
SOLIDARITE entre
individus, groupes sociaux, territoires, générations
ELABORATION PARTICIPATIVE DES PROJETS
- GESTION DEMOCRATIQUE DES CONFLITS
- PARTENARIAT, SUBSIDIARITE
EPANOUISSEMENT HUMAIN, CIVILISATION
CONVIVIALITE, QUALITE DE VIE, CULTURE
© Christian GARNIER &emdash; PRINCIPES DU DDD, novembre 1998