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Dans "Trop de pétrole !"
tout ceci est présenté de façon
organisée comme dans un roman
: le monde dispose de deux ou trois fois trop d'énergie fossile (*)
; la
régulation devra donc s'opposer au marché, elle sera donc
politique, donc sous la
responsabilité des Etats (*).
La France peut agir, même si elle est seule (*). Cela peut ne
pas lui
coûter trop cher (*).
Elle a intérêt à agir,
même si elle est seule (*). Le
rôle de l'Etat est de dire ce qu'est une action utile et ce qui
est
inutilement coûteux et de rendre possible tout ce qui est utile ;
il existe des critères extrêment simples et
compréhensibles par tout le monde (*). POur savoir que
faire, le prix du pétrole on s'en moque ! (*). L'Etat
dispose des moyens de la réglementation, de la fiscalité
et des
incitations qu'il utilisera ensemble ; la
technique des marchés
de
permis ne sera utilisée que lorsque les conditions de son
efficacité
seront réunies(*).
Le cas très particulier de
l'électricité : l'Etat devra fixer les capacités
et les prix (*).
Des chemins
pour passer de la situation d'aujourd'hui à la situation future.
Le
dernier chapitre situe tout cela dans la gouvernance mondiale et la
coopération européenne et préconise le même
genre de coopération que pour la fabrication d'armement, autre
sujet stratégique (*).
La conclusion a
pour titre : "Si tu veux la paix..."
car c'est bien sur ce registre qu'il faut poser et traiter la question
de la lutte contre le changement climatique. Lire ici la table
des matières et une recension.
Autre question souvent posée : La France, agir seule
? Ce
n'est pas sérieux, voyons ! C'est se tirer une balle dans
les
pieds, cela ne servirait à rien etc. Bien au contraire,
c'est
possible, avantageux et c'est un préalable sans doute
nécessaire
à une coopération internationale ! Voyez-en ici la démonstration.
Le monde dispose de deux ou trois fois trop de fossile - pour plus de commentaires, lire le début de l'article par dans la Revue de l'énergie Pour éviter de grosses perturbations atmosphériques, il ne faudrait pas que la teneur de l'atmosphère et gaz carbonique dépasse 450 ou 550 ppm (parties par million). Pour cela, il ne faut pas envoyer dans l'atmosphère, au total sur cent ou deux cents ans, plus de 1000 milliards de tonnes de carbone sous forme de gaz carbonique. Or les ressources fossiles, surtout du charbon, sont de 3000 milliards de tonnes. Même si tout n'est pas accessible, on voit que, pour ne pas "pourrir" l'atmosphère, il faudra savoir laisser sous sol la moitié ou les deux tiers du carbone accessible - un peu moins si on sait séquestrer le gaz carbonique. Conséquence logique : tous ceux qui disent qu'il faut agir pour éviter une pénurie de ressources fossiles se trompent : ils ont déjà perdu la lutte contre l'effet de serre. Nous ne risquons pas la pénurie. bien au contraire, tout notre malheur vient d'une surabondance de ressources fossiles. Autre conséquence : comme il est possible de produire du très bon carburant à partir de charbon à un coût qui correspond à un pétrole à 40 ou 50 $/bl, on ne voit pas pourquoi le prix du pétrole resterait durablement au-dessus de ce niveau ; certes il pourra le dépasser pendant quelques années, mais pas éternellement tant qu'il y aura du charbon. Or, si l'on gagne la bataille contre l'effet de serre, il restera toujours du charbon. En septembre 2005, rappeler cela peut paraître paradoxal ; mais cela reste vrai. Dans un scénario à 30 ans, il est donc raisonnable de tabler sur un pétrole à 50 €/bl. S'il est plus cher, la lutte contre l'effet de serre en sera facilitée ! Pour plus de commentaires, lire le
début de l'article par dans la Revue de l'énergie.
J'avais
également développé cela dès septembre 2003
dans un article paru dans la revue Esprit.
C'est la matière du premier chapitre de Trop de pétrole
! Le biocarburant - pour plus de commentaires, voir ici La production de biocarburant coûte cher mais, si l'on veut beaucoup réduire les émissions, l'élaboration d'un tableau ressources-emplois montre que l'on sera obligé d'utiliser du biocarburant. Mais aujourd'hui, on peut diminuer les émissions de gaz carbonique pour beaucoup moins cher que le biocarburant. Les chiffres de production à l'hectare dépendent de la technique employée. Si l'on produit de l'alcool ou de l'huile, seule une partie du carbone entre dans le biocarburant. Par gazéification et reformage on peut utiliser tout le carbone, soit comme matière première soit comme source d'énergie. Alors la production de biocarburant sera de 1,5 à 2 tep nettes par hectare. Avec une source d'énergie externe, le rendement matière peut passer à 3 Tep nette par hectare ; en apportant de l'hydrogène, on pourra approcher 5 tep nettes par hectare. Si la source d'énergie externe est nucléaire ou à partir de fossile avec séquestration du gaz carbonique, la production de biocarburant se fait pratiquement sans émission de carbone (seulement pour le transport, le travail du sol et les engrais, peu de chose lorsqu'il s'agit de plantes pluriannuelles). Dans notre scénario, nous avons retenu un rendement de 2,5 Tep nettes par hectare, chiffre qui, en l'état de nos connaissances, suppose que la moitié de la chaleur nécessaire aux réactions est fournie par un apport extérieur sans émissions de gaz carbonique. Pour les quantités, voir les possibilités de la biomasse. Quant au coût de production du biocarburant, on peut
tout au plus
faire des hypothèses vraisemblables. Le prix hors taxe rendu
à
la pompe pourrait être de 70 €/hl. Si on ajoute les frais de
distribution et si on applique la TIPP que supporte aujourd'hui
le gazole (43 €/hl) et la TVA, cela donne
un prix TTC de 1,45 €/l.
Voir
ici une présentation technique et
économique.
L'éolien - Voir une étude et sa présentation
résumée. On attend d'un moyen de production d'électricité qu'il produise quand on en a besoin. Donc l'éolien n'est pas un moyen de production : il doit être associé à un autre moyen qui supplée des manques ou des excès de vent - puisque les éoliennes se "mettent en drapeau" lorsque le vent est trop fort. Ce moyen complémentaire sera d'ailleurs le moyen principal puisque le taux de disponibilité des éoliennes est de 30 % (moins encore selon l'expérience allemande). Ce moyen pourrait être l'eau des barrages ; mais dans ce cas, cette eau ferait défaut au moment des pointes de consommation ; ce n'est pas donc pas la solution. Sera-t-il une production d'électricité à partir de biomasse ? Cela coûterait très cher et il vaut mieux utiliser la biomasse à autre chose, chaleur ou bio carburant. Il ne peut donc pa y avoir d'éolien sans une production d'électricité à partir d'énergie fossile. Aujourd'hui les éoliennes françaises ne peuvent diminuer les émissions françaises qu'aux heures où le nucléaire ne suffit pas à répondre à la demande ; encore faut-il qu'alors elles tournent. Elles peuvent diminuer les émissions depuis d'autres pays comme l'Allemagne mais seulement lorsque la capacité des interconnexions avec l'étranger n'est pas saturée dans le sens de l'exportation. Lorsque l'on programme la capacité des moyens de production d'électricité, tout dépend de savoir si l'on peut disposer de capacité nucléaire supplémentaire ou non. D'ici 2012 (le temps de construire une centrale), la capacité nucléaire est fixée ; des éoliennes permettront donc des économies de gaz carbonique - plutôt onéreuses puisqu'elles correspondent à un "coût du carbone" de 4 à 500 € par tonne de carbone (cela dépend de la façon dont on compte la gêne apportée aux paysages). Environ un tiers de la production d'électricité éolienne se substitue à une production française à partir de fossile, un tiers à une production étrangère à partir de fossile et un tiers à une production nucléaire. Au delà de 2012, bien sûr, les éoliennes installées continueront de fonctionner ; mais si l'on programme une augmentation de la capacité d'éolien, on programmera moins de nucléaire ; programmer davantage d'éolien ne conduirait pas à diminuer les émissions de gaz carbonique. Voir une
étude et
sa présentation
résumée.
L'hydrogène pour plus de commentaires, voir ici L'hydrogène n'est pas une énergie puisqu'il faut
beaucoup
d'énergie pour le produire ; c'est un support capable de stocker
et de transporter de l'énergie. Mais, là comme ailleurs
(et
bien que ce ne soit pas toujours pratiqué), il faut parler des
coûts.
La production d'hydrogène coûte cher ; le transport et la
distribution du gaz hydrogène coûtent encore beaucoup plus
cher. Il apparaît que la meilleure méthode pour
transporter
et distribuer de l'hydrogène pourrait être, non pas sous
sa
forme de gaz mais en le greffant sur le carbone de la biomasse pour
augmenter
le rendement de production de biocarburant et pour produire du
méthane.
Alors, nul besoin de nouveaux systèmes de distribution ni de
nouvelle
motorisation. ! voir ici
sur l'hydrogène et voir
ici sur le biocarburant.
Le taux de 21 % d'électricité produite à partir d'énergie renouvelable : à long terme, pour la France, cela n'est pas cohérent avec une forte diminution de nos émissions Ce taux est un objectif indicatif fixé par la Communauté européenne à la France pour 2010. A long terme, cet objectif ne serait pas cohérent avec un objectif de forte diminution de nos émissions de gaz carbonique. Pour atteindre ce taux de 21 %, il faudrait ou bien augmenter la production d'électricité à partir de renouvelable ou bien diminuer la consommation d'électricité. Or les possibilités de production d'électricité hydraulique sont à peu près saturées ; par ailleurs, produire de l'électricité à partir de biomasse serait un gaspillage car, pour un résultat énergétique et environnemental bien meilleur, il vaut mieux utiliser la biomasse pour le chauffage ou le carburant ; de même, il vaut mieux utiliser la géothermie comme chaleur ; et produire de l'électricité avec du vent ne permettra pas de diminuer nos émissions dès que nous pourrons programmer davantage de production nucléaire, c'est à dire à partir de 2013 (puisqu'il faut sept ou huit ans pour construire une centrale). Quant à la consommation d'électricité, le scénario de division par trois montre que l'on a besoin de l'augmenter sensiblement dans le transport et le chauffage. En trente ans, pour la consommation française, le taux de renouvelable dans la production d'électricité devrait donc plutôt passer de 15 % à 10 %. Ce n'est évidemment pas un objectif en soi, mais c'est le résultat de la réalisation d'un autre objectif, le seul qui vaille : diminuer beaucoup nos émissions de gaz à effet de serre ! Or il se trouve que selon ce scénario, plus du tiers de
l'énergie
finale est d'origine "renouvelable" (contre 6 % aujourd'hui) : pourquoi
ne remplacerait-on pas cet "objectif", absurde à
échéance
de trente ans, de 21 % d'électricité à partir de
renouvelable
par l'objectif d'atteindre un taux de 21 % d'énergie
finale
à partir de renouvelables qui, lui, a vraiment un sens ? Bonne nouvelle ! (février
2007) Cet objectif est en passe d'être abandonné par
l'Union européenne qui le remplacera par un objectif de
production d'énergie à partir d'énergie
renouvelable. C'est un bon progrès. Mais il aurait mieux valu se
donner comme objectif les émissions de gaz à effet de
serre car c'est bien de cela qu'il s'agit.
A quel niveau porter le prix de l'énergie pour diviser nos émissions par trois ? pour plus de commentaires, voir ici Nous prenons ici comme hypothèse de méthode qu'aucun usage de l'énergie n'est subventionné. Alors le prix de l'énergie doit être porté à un niveau assez haut pour inciter tout le monde à faire des économies d'énergie et pour pouvoir payer le coût de production et d'utilisation d'énergie sans carbone fossile dont on a besoin. Pour savoir à quel prix devra être porté l'énergie on peut procéder de deux façons différentes : - ce que font les "modèles d'équilibre général" : ils relient la consommation d'énergie à son prix par secteur ou par type d'utilisation ; cette relation s'exprime par une "élasticité". Pour diviser les émissions par trois, ces modèles calculent que le prix de l'énergie doit être augmenté de plusieurs milliers d'euros par tonne d'équivalent pétrole, tep, soit quelques euros par litre de carburant ou de fioul. Mais les modèles de ce genre existant aujourd'hui ne sont pas conçus pour simuler l'effet de modifications de prix très importantes car ils ne peuvent pas prendre en compte les changements de techniques induits par ces hausses de prix. - une autre méthode est celle que nous avons adoptée : partir des quantités physiques de consommations et de disponibilités, possibilités de réduction des consommations d'énergie ; puis introduire des modifications techniques dont la faisabilité est certaine et les coûts à peu près connus. Chaque possibilité de production ou d'économie d'énergie coûte quelque chose au consommateur ; on les classe par ordre croissant de coût. Puis on établit un tableau croisé des ressources et des emplois en utilisant autant que possible les techniques les moins chères : cette phase est tout à fait essentielle, bien que peu pratiquée à ce jour. Seul un tel tableau permet de voir de quelles techniques on a besoin et desquelles on n'a pas besoin pour atteindre l'objectif. Parmi les techniques de production ou d'économie dont on a besoin, on peut voir alors laquelle revient le plus cher au consommateur. Le plus cher est sans doute le biocarburant ou l'utilisation d'électricité dans les voitures hybrides rechargeables. Ce qui permet de calculer la hausse du prix de l'énergie. Si l'électricité est produite et vendue au moindre coût, si le coût des batteries a suffisamment diminué, le prix du carburant serait porté à 1,45 €/litre, le prix du fioul à 980 €/m3 environ. A ce prix là par exemple, il vaut la peine d'équiper ses logements de thermostats qui permettent de ne chauffer que les pièces où l'on se trouve et de compléter l'isolation ; il sera intéressant de cultiver du bois à croissance rapide ou des variétés vététales très productives et de faire des réseaux de chaleur, ou encore d'équiper sa maison de pompes à chaleur prenant la chaleur sous le sol, etc. Pour plus de développements, voir ici. Voir
aussi "Trop de pétrole !"
Quel effet sur le revenu des ménages et sur l'emploi pour plus de commentaires, voir ici Sauf indication contraire, les valeurs en dollar sont données avec l'hypothèse que 1 € vaut 1,25 $ Il faut avoir établi un tableau croisé des ressources et des emplois pour pouvoir évaluer l'augmentation des dépenses liées à la consommation d'énergie (des énergies plus chères, ou des installations pour utiliser l'énergie, ou encore pour l'économiser). Nous faisons ici une comparaison avec la tendance telle qu'établie par la direction générale de l'énergie du ministère de l'économie. Si le pétrole est à 50 $/bl, le prix à la pompe sera de 1,45 €/l si l'on ajoute un "impôt climat" de 400 € par tonne de carbone, soit, en simplifiant, 400 € par tep ou 35 c€/ par litre. C'est ce que les ménages auront à dépenser pour leur voiture, pour chaque litre de carburant consommé ou remplacé. Pour le chauffage, certaines dépenses d'isolation ou d'utilisation de la biomasse seront inférieures à 400 €/tep. Au total, et en moyenne, si le prix du pétrole restait à 50 $/bl, il faudrait dépenser 300 € par tep de plus qu'en ne se préoccupant pas de l'effet de serre ; l'augmentation des dépenses relatives à l'énergie serait pour un ménage consommant 2,5 tep par an de 750 €/an dans trente ans (d'ici là le SMIC aura sans doute augmenté de 10 000 €). Mais les ménages devront aussi payer pour l'augmentation des dépenses dans le tertiaire. Au total, l'augmentation des dépenses sera, dans trente ans, de 25 à 30 milliards d'euros par an pour un pétrole à 50 $/bl. Alors le PIB, qui est de 1700 milliards d'euros aujourd'hui aura peut-être atteint 3000 G€. Disons prudement que, au terme du programme, la dépense supplémentaire sera de 1 % à 1,5 % du PIB. Parallèlement, ce programme de division par trois de
nos émissions
génèrera, dans le secteur de l'énergie, environ un
demi million d'emplois. La plus grande partie de ces emplois en
remplaceront
d'autres. Si un emploi sur deux emplois créés
pour produire, consommer ou économiser l'énergie
était
une véritable création d'emplois, l'effet sur
l'économie
et le revenu des ménages serait favorable. Beaucoup, donc,
dépend
de "l'effet mobilisateur" de ce programme. Or comme le rappelle, le
rapport
Camdessus, la France est marquée non seulement par un fort taux
de chômage mais aussi par un faible taux d'activité. La France a besoin d'une
augmentation plus rapide de la croissance pour absorber la
hausse des dépenses induite par la
lutte contre l'effet de serre sans diminuer le pouvoir d'achat
disponible pour autre chose que l'énergie. Dire cela, c'est
aller à
l'encontre d'une des thèse du Pacte pour l'environnement de
Nicolas Hulot. Pour l'évaluation
de l'impact
sur le revenu des ménages et sur l'emploi, voir ici.
Il est commode d'imaginer que la consommation soit contenue et
réduite
par la réglementation. Et si l'on veut réduire davantage,
réglementons davantage : renforcer la réglementation du
bâtiment
par exemple, comme on le lit souvent (on peut lire une
étude sur le sujet). Or toute réglementation
s'accompagne
de coûts cachés ; il faudrait au moins les calculer. Et
une
réglementation n'a de sens que si elle est appliquée
correctement,
ce qui n'est pas toujours le cas. Les économistes le disent : la
régulation par les prix est bien préférable. La
réglementation
est très opportune évidemment lorsque le
consommateur,
pour diverses raisons, n'est pas sensible au message donné par
le
prix - alors la réglementation peut le conduire à faire
des économies dans son propre intérêt. Une
réglementation
peut être opportune également si le résultat que
l'on
veut obtenir est jugé indispensable même à un
coût
élevé, s'il implique un prix qui ne serait pas
accepté
par la population et si celle-ci accepte la réglementation -
souvent
parce qu'elle ne s'en rend pas compte, par exemple lorsque la
réglementation
porte sur des autorisations de mise en marché. Mais ce moyen
doit
alors être utilisé avec grande prudence, d'autant que
toute
réglementation s'accompagne d'administration onéreuse, de
contrôles et de toutes sortes de risques. Il faut dire
aussi que la fiscalité pure (sans réglementation et sans
subvention) peut paraître beaucoup plus brutale, car elle oblige
à porter haut le prix de l'énergie fossile. La meilleure
méthode est sans doute une combinaison des moyens.
Faut-il parler de "prix du carbone émis" ou de prix de l'énergie finale ? pour plus de commentaires, voir ici On parle ici du prix de
l'énergie finale
et l'on a dit que le prix de l'énergie finale devrait augmenter
de 400 € par tonne de
carburant ou de fioul, le prix du pétrole étant à
50 $/bl : il s'agit de l'énergie vendue au
consommateur
et au producteur d' électricité ; néanmoins les
transports
de marchandises et l'industrie disposeraient d'énergie au prix
européen
ou mondial. On ne parle donc pas de "prix de carbone émis",
notion
pourtant habituellement utilisée lorsque l'on traite de lutte
contre
l'effet de serre. En effet cette notion pourrait être trompeuse
si
elle laissait entendre que la carbone a un prix en lui-même alors
que ce "prix", c'est à dire le cours d'un permis
d'émettre
ou le montant d'un impôt, dépend non seulement du niveau
d'émission
autorisé mais aussi et surtout du coût technique de
production
et des impôts fixés par les pays producteurs : la
limitation
d'émission crée une rente qui sera captée
partiellement
du côté de la production et partiellement du
côté
de la consommation (par les Etats ou les entreprises). D'autre part,
s'il
existe d'autres limites, comme l'acceptabilité du
nucléaire,
d'autres rentes apparaîtront qui brouilleront la façon
dont
se forme le prix de l'énergie. Nous avons donc
préféré
retenir comme paramètre directeur le prix de l'énergie
à
la consommation finale. Pour
d'autres développements, voir ici.
La fiscalité
de l'énergie pour plus de
commentaires, voir ici ; voir aussi un article paru dans les Echos Une hausse nécessaire du préix à la consommation finale Notre conclusion est qu'une forte réduction des émissions françaises de gaz carbonique n'est possible que si le prix de l'énergie finale subit une hause annuelle moyenne de 1 cme d'euro par litre de carburant ou de fioul chaque année pendant trente ou quarante ans : le gasole passerait en 30 ou 40 ans à 1,45 €/l et le fioul domestique à 900 ou 1000 €/m3. Il faudra donc un impôt sur les énergies fossiles - mais évidemment pas tout de suite, étant donnée la hausse des prix du brut. L'augmentation des dépenses d'énergie sera faible et cette augmentation des impôts pourra être partiellement compensée par la diminution d'autres impôts (voir ici) mais le sujet est politiquement sensible. Tout cela est-il possible ? Il pourrait être utile de clarifier le rôle de l'impôt. Nos propositions - Remplacer la TIPP applicable aux carburants par une taxe
transport. - Créer une taxe climat sur les énergies
fossiles
pour porter progressivement le prix à la consommation
finale
de l'énergie fossile à un niveau qui
rémunère
les coûts de production des autres formes d'énergie. Le
produit
de cette taxe sert à financer des incitations financières
ou fiscales et est restitué aux ménages sous la
forme de subventions pour éviter des consommations
d'énergie fossile, d'une dotation forfaitaire
(indépendante de leur consommation d'énergie) aux
ménages à faibles revenus et
d'une dotation aux collectivités locales dont la
politique
d'urbanisme est économe en émissions de gaz
carbonique. . Pour
plus de développement voir ici.
Le rôle des associations pour plus de commentaires, voir ici Les consommateurs-contribuables sont-ils prêts à accepter de se voir obligés de payer plus cher leur énergie ? C'est tout la question de l'acceptabilitéde l'impôt. L'impôt sera sans doute plus facilement accepté si chacun voit à quoi il sert, si chacun est bien persuadé de l'importance des enjeux. C'est là qu'intervient le rôle de la presse et des associations (Negawatt, Glogal Chance, 4D, Greeenpeace etc.) ; bien informées des données techniques et économiques, elles ont un rôle à jouer pour convaincre l'opinion qu'il faut accueillir favorablement une augmentation du prix de l'énergie finale - suite à l'augmentation du cours du pétrole ou à une augmentation des impôts selon les années. Y sont-elles prêtes ? Si la réponse était négative, il serait plus difficile de faire accepter un tel programme. Voir comment convaincre
et agir.
"La France doit donner l'exemple" - qu'est-ce à dire ? pour plus de commentaires, voir ici On entend parfois que la France, pour donner l'exemple, doit choisir des moyens qui puissent être choisis par les autres, notamment les pays en développement. Fausse piste ! Cela reviendrait à reprocher au Brésil de faire du biocarburant au motif que tous les pays n'ont pas d'abondantes ressources en biomasse ! Le plus grand service que la France puisse rendre au monde est d'émettre moins de gaz carbonique : toute molécule non émise par la France bénéficie au monde entier, quel que soit le moyen employé pour ne pas l'émettre. Pour cela, comme chaque pays, la France mettra à profit ses compétences, son expérience, ses possibilités. D'autres pays disposent de certaines possibilités beaucoup plus abondamment que nous : pour certains, ce sera un vent régulier ou un très bon ensoleillement, pour d'autres d'énormes capacités de biomasse, pour d'autres, des capacités de stockage de gaz carbonique etc. Pour être efficace, il ne faut surtout pas être moutonnier. L'argument de l'exemplarité est employé pour développer l'éolien (où la France serait "en retard") et contre le nucléaire (au motif qu'il ne serait pas généralisable). Comment expliquer que cet argument, qu'il est si facile de réfuter, porte ? Nous amorçons ici une tentative de réponse. Cela dit, le scénario de division par trois que nous
décrivons
ici est à maints égards largement "exportable" :
économies
d'énergie, réseaux de chaleur, exploitation maximale des
ressources en biomasse, production de biocarburant etc. Et le
nucléaire
aussi d'ailleurs : pourquoi considérer que tel ou tel pays n'en
serait pas "capable" ou "digne" ?
Les possibilités de la biomasse pour plus de commentaires, voir ici pour la forêt ici pour le biocarburant Ce scénario fait une large place à la biomasse pour deux raisons. Lorsque l'utilisation de la biomasse est suivie de replantations, ce qui est évidemment notre hypothèse, la quantité de carbone organique dans les plantes et les arbres reste constante ; donc l'utilisation de la biomasse n'augmente pas les concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère : on peut dire que c'est une utilisation sans émissions de gaz carbonique. Les ressources françaises sont abondantes (elles
sont aussi, potentiellement, très abondantes dans le monde).
Nous
avons recherché de combien, au maximum, elle pouvaient
augmenter.
Le bois laissé sur place lors des coupes ou lors des
opérations
de sylviculture (éclaircies balivages) et les déchets de
l'industrie du bois font 30 Mm3/an. Le rendement de production de la
forêt
pourrait être amélioré ; s'il est augmenté
de
3 m3/ha/an sur 3 Mha, cela fait 9 Mm3/an de plus. Il semble possible de
cultiver des taillis à courte révolution sur 3 Mha, ce
qui
donnerait 54 Mm3/an. Voilà pour le bois ; on pourra trouver cela
assez optimiste mais c'est sans doute possible. On arrive
à
un total de 93 M m3 de plus qu'aujourd'hui soit 75 Mtonnes
séches et 30 Mtep chaleur. Attention ! La relation entre l'offre
et la demande de bois étant très spécifique, il ne
suffit de trouver de nouveaux débouchés pour que la
production augmente ! Voir
plus de
développement
ici. A cela peuvent s'ajouter 3 Mtep de biogaz de fermentation de
déchets
des ménages, de l'industrie agroalimentaire et de
l'agriculture.
La consommation électrique ; le parc optimal de production pour plus de commentaires, voir ici On lit dans maint document officiel qu'il faut économiser l'électricité ? Pourquoi donc ? L'objectif est de limiter les émissions de gaz carbonique. Tout autre objectif fixé indépendamment ne peut que gêner la réalisation de cet objectif principal. En fait, le scénario de division par trois démontre que, pour diminuer beaucoup les émissions, il faut augmenter beaucoup la consommation d'électricité, notamment dans le transport et le chauffage, si cette électricité est "sans carbone", c'est à dire d'origine nucléaire ou, plus tard, peut-être, à partir de fossile avec séquestration du gaz carbonique (on ne parle pas ici de l'éolien dont la production est indépendante des besoins de la consommation). Donc, vouloir diminuer les émissions de gaz carbonique et, en même temps, vouloir diminuer la consommation d'électricité est incohérent. Mais, quelle est cette électricité qui peut être produite par des centrales nucléaires ? La puissance appelée par la consommation
électrique varie
beaucoup entre les saisons et entre les heures de la journée. En
simplifant, on peut dire que la puissance électrique
appelée
par la consommation est toujours supérieure à 40
milliards
de watt (GW) et que, une heure sur deux globalement sur
l'année,
elle est supérieure à 50 GW ; pendant quelques heures
elle
dépasse 70 GW. On ne va pas faire une centrale nucléaire
pour tourner seulement quelques centaines d'heures par an,
évidemment
: pour répondre à la "pointe" de consommation, on utilise
des centrales au charbon ou au fioul ; on procède aussi à
des lâchers d'eau de barrage. Si on compare le prix de revient de
l'électricité nucléaire avec celui de
l'électricité
produite à partir de gaz, de fioul ou de charbon, le
nucléaire
est plus intéressant si la centrale tourne dans l'année
plus
de la moitié du temps, soit 4500 heures ; mais en fait cela
dépend
des hypothèses, en particulier du coût de financement des
centrales et du coût de l'énergie fossile : si
l'on peut financer les centrales à 6 % d'intérêt (4
% en monnaie constante) et si l'on s'est donné comme objectif de
diviser nos émissions par trois, le nucléaire est plus
intéressant que la production à partir de gaz dès
que
la
centrale tourne plus de 1000 heures pa an - sur 8750 heures dans
l'année ! Il est donc normal de que des centrales nucléaires ne tournent pas et cela d'autant plus que l'on sera exigeant sur les émissions de gaz carbonique. Donc, vouloir diminuer les émissions et, en même temps, parler de gaspillage devant des centrales nucléaires à l'arrêt est incohérent. Pour une présentation simplifiée de
l'économie
de l'électricité on peut lire une
annexe d'un rapport sur le prix de l'électricité publié
par le ministère de l'industrie. On peut lire
également
tout le rapport ; en annexe 4 on verra comment la
logique des producteurs d'électricité nucléaire
conduit à une sous-capacité
nucléaire et à des prix supérieurs de 20 ou 30 % du prix de revient.
Les superbénéfices
des producteurs sont alors énormes. Les
spécialistes appellent cela un "oligopole à la Cournot".
La place du nucléaire dans ce scénario pour plus de commentaires, voir ici Voyez
aussi tout un chapitre du livre "Trop de
pétrole !" consacré à la production et au prix
de l'électricité Comment être bref au sujet du nucléaire ? Comme nous l'écrivons dans les articles parus dans Esprit en 2003 et en février 2007 et dans "Trop de pétrole !", il s'agit de prendre une position face à un énorme risque dont la probabilité est très faible. Deux attitudes sont possibles : ou un refus par principe, ou une comparaison des avantages et des inconvénients du nucléaire - de plus ou moins de nucléaire. La première attitude est tout à fait légitime. La deuxième attitude conduit à préférer l'électricité nucléaire à toute énergie fossile (sauf séquestration du gaz carbonique) même en évaluant très cher le coût des dommages, tellement la probablité d'accident grave est petite. C'est pourquoi ceux qui acceptent le nucléaire, mais pas plus qu'aujourd'hui, se comportent comme s'ils ne donnaient pas grand prix à la lutte contre l'effet de serre. Si l'on veut sérieusement diminuer les émissions, sauf à diminuer considérablement la consommation d'énergie, et tant que l'on n'a pas découvert d'importantes possibilités de stockage de gaz carbonique, l'augmentation de la capacité nucléaire est souhaitable : notre scénario implique que soit décidée sans tarder la construction de deux tranches par an. Le débat serait plus facile si l'on n'avait pas le sentiment que certaines affirmations générales présentées comme allant de soi sont en réalité des arguments cachés contre le nucléaire. Deux exemples : l'utilisation de la notion de "rendement du système énergétique français", notion qui, au fond, n'a aucune signification utile et l'exigence que la politique française puisse être en tous points imitée par tous les pays du monde. On entend aussi que le nucléaire n'est "rentable" qu'en base, ce qui n'est pas exact. On peut voir : le rendement du système énergétique, la valeur d'exemple de la politique française, le calcul de la capacité optimale de nucléaire. Sur l'attitude face à de tels risques très graves et très peu probables, on peut se référer à l'ouvrage de J.P. Dupuy," le catastrophisme éclairé" . La place du nucléaire dans
ce scénario
n'est pas décidée a priori. C'est le
résultat
d'un raisonnement et de calculs. Le tableau
croisé
des ressources et des emplois permet de calculer très
facilement
d'autres scénarios avec moins de nucléaire ou pas de
nucléaire
du tout - on a dit ailleurs que le vrai choix est d'accepter
on non le nucléaire, c'est à dire adopter une
position
de principe, et non pas de produire plus ou moins
d'électricité
nucléaire. Si le nucléaire n'est pas refusé par
principe,
la capacité nucléaire ne sera donc pas limitée par
des considérations sur les déchets ou sur le risque grave
mais par la possibilité de trouver des sites convenables. S'il
existe
des possibilités considérables d'injection de gaz
carbonique,
il sera possible de se passer de nucléaire, mais ces
possibilités
sont loin d'être prouvées (la faisabilité du
procédé
n'est pas acquise et la recherche de sites en France n'a pas
commencé)
et cela nous coûterait beaucoup plus cher que le
nucléaire.
Si l'on refuse le nucléaire et si l'on ne peut pas
réinjecter
le gaz carbonique, il faut lire les réflexions du l'association
Négawatt et juger si les hypothèses qu'elle formule
sur la consommation et sur la production d'électricité
sont
réalisables ou non. L'expérience confirme la
fragilité de la ressource de production éolienne, qui, de
plus, coûte deux fois plus cher que le nucléaire. Privatisation
partielle d'EDF et coût de lutte contre l'effet de serre -
pour plus de développements voir
ici La logique d'une entreprise privée est de chercher
à augmenter ses bénéfices autant que possible.
Dans le cas d'EDF cela veut dire limiter la capacité
nucléaire à ce qui est consommé en base et pouvoir
vendre toute l'électricité au prix de marché. Le
prix de marché sera alors calé sur le coût de
production d'électricité à partir d'énergie
fossile, très supérieur au prix de revient de
l'électricité nucléaire. Pratiquement cela veut
dire : augmenter la capacité des interconnexions pour servir la
demande de base des pays voisins et ne pas augmenter la capacité
nucléaire. Alors, s'il y a un impôt carbone ou un cours du
permis, le prix de l'électricité de base sera de 60
ou 70 €/MWh tandis que le prix de revient du nucléaire serait de
30 ou 35 €/MWh. la différence est de 30 ou 40 €/MWh, soit 300 ou
400 €/Tep électrique. Pour que les carburants fossiles soient
remplacés par de l'électricité, soit en chauffage
soit dans les transports, il faudra donc que le prix de ces carburants
augmentent plus encore que si l'électricité était
au prix de l'électricité nucléaire. La
différence est de 200 à
400 €/tep, donc à peu près autant en € par tonne de
carbone. L'Etat dispose des moyens de
l'éviter, en faisant en sorte que la capacité nuclaire
soit suffisante et en maintenant les tarifs administrés de
l'électricité pour les usages en transport et en
chauffage. Pour plus de développement voir ici
Les trois piliers du scénario pour plus de commentaires, voir la comparaison avec le scénario tendanciel Notre scénario n'ignore pas le chauffage solaire. Il aurait pu prévoir de la géothermie. Pour l'essentiel, il repose sur trois piliers : les économies d'énergie, la biomasse (la seule forme de "renouvelable" fiable et abondante) et le nucléaire - ou l'électricité au charbon avec séquestration du gaz carbonique dans la mesure où de sera possible. La DGEMP (direction générale de l'énergie) a dessiné une évolution tendancielle, avec une légère augmentation de la biomasse (10 Mtep) et une stabilisation de la production d'électricité nucléaire. Si l'on compare notre scénario avec cette évolution tendancielle, on voit ceci, en ordre de grandeur : la consommation d'énergie finale est inférieure de 58 Mtep, l'utilisation de biomasse est supérieure de 25 Mtep (biocarburant et biogaz), la production d'énergie nucléaire est supérieure de 25 Mtep et les émissions de gaz carbonique sont inférieures de 108 MTC. On peut donc dire en gros que la différence entre les émissions de notre scénario et celles de l'évolution tendancielle de la DGEMP, c'est à dire l'efficacité de notre scénario repose pour la moitié sur des économies d'énergie, pour un quart sur la biomasseet pour un quart sur le nucléaire. pour plus de commentaires, voir la
comparaison avec le scénario tendanciel
L'autonomie énergétique pour plus de commentaires, voir ici Il est difficile de quantifier l'autonomie
énergétique.
Faut-il regarder l'énergie finale ou l'énergie primaire
?
Faut-il compter de la même façon
l'électricité
quelle que soit la façon dont elle est consommée ? Si l'on considère l'énergie finale sans faire de distinction entre les diverses formes d'énergie ni entre les divers usages, le taux d'autonomie est aujourd'hui de 30 % ; le scénario le fait passer à 66 %. Si l'on utilise le standard international qui considère l'énergie primaire et compte pour 3 chaque tep électrique produit avec de l'énergie thermique et pour 1 chaque tep électrrique produit par d'autres sources sans faire de différence entre les usages de l'électricité, notre degré d'autonomie énergétique est aujourd'hui de 50 %. Avec le scénario de division par trois il passe à 84 %. Si l'on considère que, quelle que soit la façon
dont il
est produit, chaque tep d'électricité utilisé
à
des fins spécifiques ou comme substitut à du carburant
vaut
3 mais que chaque tep électrique utilisé comme
chaleur
vaut 1 (puisqu'il peut être remplacé par une tep fossile),
le taux d'autonomie est aujourd'hui de 46 % ; il passe à 80
%. Le marché des permis d'émettre du gaz carbonique pour plus de commentaires, voir l'article paru dans le Monde en juin 2005, voir aussi ici L'Union européenne a décidé de mettre en place, à titre expérimental, un "marché de permis d'émettre " du gaz carbonique. L'expérience a commencé. A lire ce qui s'écrit dans la prese et dans des textes écrits à Bruxelles on pourrait croire qu'il faut instaurant un tel "marché" pour résoudre au moindre coût la question de l'effet de serre. Or ce dispositif risque bien d'être un nid d'effets pervers (précision : un "effet pervers" est un effet défavorable non désiré et non prévu) : il est ultra administré puisque non seulement, comme pour toute réglementation, il a fallu fixer un volume d'émission par établissement (après longues discussions évidemment) et il faudra en contrôler le respect, mais encore il faudra contrôler le marché des permis d'émettre - soit double contrôle, doubles mesures, double police, double contentieux. De plus, on oblige les entreprises à participer à un marché hautement spéculatif, qui fera le bonheur de quelque trader chanceux . On crée une incitation à se délocaliser car l'entreprise qui partia pour aller émettre ailleurs encore plus de gaz carbonique que chez nous pourra revendre le quota qu'on lui aura donnée gratuitement. Enfin, et ce n'est pas la moindre chose, pour que cette incitation à la délocalisation ne soit pas trop forte, on aura accordé à l'ensemble des entreprises partie du dispositif une telle quantitéde quotas gratuits que les prix qui "émergera du marché" sera sans commune mesure avec ce qui sera nécessaire pour fortement diminuer les émissions. comment alors convaincre qu'il faut un impôt de 300 ou 400 €/tep si le cours du quotas est de 20 ou 30 € par tonne de carbone ? Tout cela vient d'une énorme pari : penser que l'on
peut faire
peser une contrainte sur nos entreprises exposées à la
concurrence
internationale avant d'avoir mis en place une forte police
à
l'échelle mondiale (ce qui n'est pas pour demain). Pour diminuer
nos émissions, l'effort viendra donc principalement des
particuliers
et du secteur tertiaire. Cela n'empêche pas qu'un marché de permis
d'émettre peut être efficace s'il est bien
configuré, c'est à dire si
trois conditions sont réunies : une bonne police, une
prévisibilité suffisante (au moins vingt ans) et une
bonne protection contre la concurrence inéquitable : voir un article publié dans
le Monde Pour plus de
développements,
voir ici.
L'après Kyoto pour plus de commentaires, voir ici L'étude d'un scénario de division par trois en trente ans conduit à constater que, d'ici quinze ans, même si nous engageons dès aujourd'hui une politique très volontaire, nos émissions n'auront pas diminué ; voir ici. Il convient donc de s'interroger sur le contenu des accords qui devront faire suite à celui de Kyoto. Cela n'aurait pas beaucoup de sens de demander aux pays industriels... de ne pas augmenter leurs émissions. Le prochain accord portera donc plutôt sur les "politiques et mesures" à engager sans tarder pour porter leurs effets d'ici trente ou quarante ans. Pour plus de
développement,
voir ici.
Pour plus de
développement, voir ici sur
le prix du pétrole et sur l'action
de l'Etat. Par contre le surcoût
de ces actions par rapport à l'utilisation de l'énergie
fossile, lui, dépend directement du prix du pétrole, du
gaz et du charbon. Ce que l'on appelle le "coût de la tonne de
carbone fossile évitée" est, non pas la dépense
engagée lorsque l'on ne consomme pas d'énergie fossile,
mais le surcoût de
cette décision de ne pas consommer (ou de consommer moins)
d'énergie fossile comparé à ce que l'on aurait
dépensé si l'on n'avait pas pris cette décision.
Le "coût de la tonne évitée"
dépend donc du prix du pétrole ; de même, le
coût du programme de réduction des émissions (c'est
à dire la somme des surcoûts des actions qui permettent
d'atteindre l'objectif) dépend du prix du pétrole. Si les
conditions favorables sont réunies, un prix du pétrole de
120 $/bl réduit à zéro le coût du programme
de réduction des
émissions. Cela veut-il dire qu'avec un prix de 120 ou 130 $/bl l'Etat
n'aurait plus rien à faire ? Certes non : premièrement,
rien ne dit que le prix restera à ce niveau ;
deuxièmement, l'Etat doit réunir les conditions qui
permettent de diminuer autant que possible les dépenses
nécessaires à la réalisation de l'objectif
d'émission. Pour plus de
développement, voir ici sur
le prix du pétrole et sur l'action
de l'Etat.
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