Quelques mots sur l'actualité

Ce site traite du long terme et des actions à engager de suite pour le préparer. Nous n'avons pas de compétence particulière sur la conjoncture. Mais celle-ci est aujourd'hui tellement rude qu'il est difficile de l'ignorer ; d'ailleurs, elle nous parle, d'une certaine façon, du long terme.


- Le prix du pétrole reste haut mais il  est en baisse.  Pour que les investissements utiles soient décidés, l 'Etat devrait s'engager sur un prix minimum à la consommation finale.
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Le président de la République a annoncé le lancement d'un nouveau réacteur nucléaire ; Peut-être un nouveau problème : comment réguler efficacement un duopole de production nucléaire
-  Un rapport sur une "chronique normative de la valeur du carbone" ; un non sens !
- Le prix du pétrole est très élevé ; l'Etat n'aurait-il donc plus rien à décider ?  juin 2008

- L'évolution du prix du pétrole en septembre 2006  -  en janvier 2007
- Le programme biocarburant : l'introduction d'E85 : c'est très cher ! 
- Le crash du marché européen du CO2
- Une nouvelle parution : un rapport de l'Assemblée nationale sur l'effet de serre
- La hausse du prix du pétrole - encore avril 2006

- La flambée des cours du CO2 sur le marché européen 
- Le sommet du G8 de juillet 2005 : le vrai départ ?
- Le système européen de "marchés de quotas" s'est mis en place ; un nid d'effets pervers.

- Un objectif de réduction des émissions d'ici 15 ans ? Il est à côté de la question
- La hausse du prix du pétrole, quels enseignements pour préparer le long terme - écrit en octobre 2004 et relu en octobre 2005 puis en août 2008
- La Russie ratifie le protocole de Kyoto - est-ce important ?
 

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Le prix du pétrole reste haut mais il  est en baisse. Et alors ?
Que l'Etat s'engage sur un prix minimum à la consommation finale.


écrit en août 2008


Au début août 2008, le prix du pétrole est repassé au-dessous de 120$/bl. C'est très élevé, mais c'est moins que ce ne fut et beaucoup moins que ce que l'on certains nous annonçaient.

Comme je l'ai écrit bien souvent sur ce site et ailleurs, le prix du pétrole n'a aucun effet sur la liste des actions à mener pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Mais la baisse du prix du pétrole va rendre non rentables des actions pourtant utiles. Il faudra donc 1- ou bien les rendre obligatoires 2- ou bien les subventionner 3- ou bien augmenter le prix à la consommation finale de l'énergie fossile. En fait, il faudra créer un impôt pour pouvoir les subventionner. Mais auparavant, que l'Etat fixe une chronique de prix minimum du fioul, du gaz et et du carburant ! Il n'y aura d'impôt carbone que si le prix, hors cet  impôt, est inférieur à ce prix minimum.

Ce prix plancher pourrait partir aujourd'hui de 800 €TTC par m3 de fioul, 70 € par MWh de gaz et 1,25 € par litre de gazole et augmenter chaque année, en monnaie constante, de  10 €/m3, 1 €/MWh et 1c€/l . Cela laisserait  la possibilité d'une baisse du prix si le prix du pétrole baisse. Mais l'affichage de ce prix plancher augmentant d'année en année invitera tout un chacun à prendre des décisions qui diminueront beaucoup nos émissions, surtout si l'Etat s'engage réellement.

Que l'Etat s'engage réellement ! De nouveaux outils financiers pour crédibiliser l'engagement de l'Etat.

L'Etat ne sera pas cru par tous s'il dit qu'il mettra un impôt obligeant le prix à la consommation finale à ne pas être inférieur à un prix plancher qui, lui-même, augmentera d'année en année. Il ne sera pas assez crédible pour susciter des investissments lourds en biocarburant de seconde génération, véhicules hybrides, réseaux de chaleur, etc. Mais il sera crédible s'il fait des prêts dont les conditions de remboursements dépendront du prix effectif de l'énergie fossile à la consommation finale.

Voilà les nouveaux outils financiers dont a besoin la lutte contre l'effet de serre !

Tout cela est proposé  dans "Trop de pétrole !"




Le président de la République a annoncé le lancement d'un nouveau réacteur nucléaire

écrit en août 2008

Bravo ! Il n'était que temps. En réalité, c'est deux réacteurs qu'il faudrait lancer chaque année si l'on veut développer les véhicules hybrides, produire du biocarburant de seconde génération de façon efficace, multiplier les pompes à chaleur et utiliser efficacement l'électricité, là où le chauffage est au fioul, en préchauffant  l'eau avant le retour à la chaudière sauf pendant les périodes de pointe de consommation d'électricité (la résistance sera télécommandée par le fournisseur d'électricité sans que le consommateur ne se rende compte de rien).

Peut-être un nouveau problème : comment réguler efficacement un duopole de production nucléaire

Si le deuxième réacteur est construit par GdF Suez, il y aura en France deux producteurs d'électricité nucléaire. Comment réguler ce duopole ? La chose serait très facile si la capacité nucléaire totale était inférieure à la demande de base : toutes les centrales fonctionneraient au maximum technique. C'est le rêve d'un producteur d'électricité car il se fait alors des superbénéfices égaux à une ou deux fois ses dépenses ! Mais si la capacité totale est proche de l'optimum, la concurrence dans un duopole ne peut pas conduire à l'optimum. Il faudra que l'Etat continue à fixer les tarifs. Peut-être faudra-t-il aussi obliger les deux fournisseurs à ne vendre qu'à un seul entité publique, qui aurait le monopole de vente aux fournisseurs d'énergie : on combinerait alors un  monopole en amont pour la vente d'électricité et une libre concurrence en aval pour la vente d'énergie.






Un rapport sur une "chronique normative de la valeur du carbone" ; un non sens !

Ce qu'il nous faut : une chronique normative du prix minimum à la consommation finale du fioul, du gaz et du carburant.


écrit en août 2008

A la demande du premier ministre, le CAS, Centre d'analyse stratégique, a proposé une "chronique normative de la valeur du carbone", indépendante du prix du pétrole. C'est un non sens.

Explication : pour évaluer une décision publique en tenant compte des pollutions, une méthode est d'ajouter quelque chose aux coûts des processus qui génèrent ces pollutions. C'est une démarche classique. Elle se poursuit logiquement en mettant un impôt sur les produits qui sont la cause de ces pollutions, une taxe "à la Pigou". Ce que l'on rajouterait serait, ici, la "valeur du carbone". La difficulté tient à ce que les pays producteurs de pétrole, de gaz ou de charbon, en vendant leurs produits beaucoup plus cher que le prix de revient, font comme s'ils prélevaient eux-mêmes une bonne partie de cette taxe. Ce qui doit être perçu dans le pays consommateur devrait donc dépendre de ce qui est déjà prélevé sans qu'ils n'y puissent rien. Il est donc impossible de fixer une valeur normative du coût du carbone indépendante du prix du pétrole. Si la valeur du carbone est de 400 € par tonne (soit environ 100 €/tCO2) le prix du pétrole étant à 60 $/bl (avec un euro à 1,5 $), elle est de 200 €/tC avec un pétrole à 90 $/bl et zéro avec un pétrole à 120 $:/bl. comment peut-on parler d'une valeur normative du carbone indépendante du prix du pétrole ? Cela me paraît incompréhensible !

Ce qui décidera les investissements, ce n'est pas une valeur du carbon s'ajoutant à un prix du pétrole imprévisible, c'est un prix prévisible à la consommation finale du fioul, du gaz et du carburant.

Voilà la chronique normative que l'Etat devrait fixer : une chronique normative du prix à la consommation finale de l'énergie fossile ou, à tout le moins, une chronique normative de leurs prix planchers.


 




Cette note est écrite en juin 2008

Le prix du pétrole est très élevé ; l'Etat n'aurait-il donc plus rien à décider ?

En janvier 2007, je notais que le prix du pétrole était passé en dessous de 50 $/bl. Or, depuis quelques mois il dépasse les 120 $/bl. Comme le dit le ministre du pétrole d'Arabie saoudite, le prix du pétrole est devenu fou. Comment prévoir le comportement d'un fou ?

On en voit les conséquences : les pays pauvres sont matraqués par ces prix et le prix des denrées alimentaires explose. Les causes sont nombreuses mais la demande insensée de biocarburant n'a fait qu'aggraver la situation. Enfin, la vérité éclate sur les biocarburants tels qu'on les produit aujourd'hui - ce que nous avons toujours dit ici  et dans un rapport publié sur le site du ministère de l'industrie-. Autre conséquence dont les effets sont encore cachés : des transferts de richesses colossaux vers les pays producteurs d'énergie fossile (près de 1000 milliards de dollars par an) ; nous serons tout étonnés un jour de voir que nos entreprises auront été rachetées par ces fonds, qu'il soient "souverains" ou non.

Nous écrivons sur ce site que, pour diviser nos émissions par deux ou trois, il pourrait suffire de mener les actions qui coûtent moins que ce coûterait l'utilisation de gazole à 1,5 €/l ou de gazole à 1000 €/m3 TTC. Le prix du pétrole correspondant dépend, bien sûr de la valeur de l'euro. Or, depuis le début de 2007, la valeur de l'euro est passée de 1,25 $ à 1,5 $. Le prix du pétrole équivalent à 1,5 €/l de gazol ou 1000 €/m3 de fioul n'est donc pas de 100 $/bl mais de 120 $/bl.

Donc, si on oublie les conséquences fâcheuses ou dramatiques de la hausse du prix du pétrole, du côté de l'effet de serre tout irait bien ! L'Etat n'aurait-il plus rien à faire pour que la consommation d'énergie fossile diminue énormément ? Que non ! Tout d'abord, rien ne dit que la hausse du prix du pétrole durera. Tous les arguments présentés à ce propos sur ce site restent valables : il est possible de produire du carburant pour beaucoup moins cher ; il est possible également de diminuer nos besoins d'énergie fossile. Mais cela demande du temps. Donc les prix resteront à ce niveau très élevé et pourront même monter mais seulement le temps qu'il faut aux producteurs et aux consommateurs pour s'adapter. Ensuite, le prix mondial du pétrole, du gaz, du charbon restera élevé seulement si les pays détenteurs s'entendent et forment un cartel solide pour limiter drastiquement les ventes. Ils pourront le faire, en se réclamant de la lutte contre l'effet de serre - et en continuant d'empocher des rentes gigantesques. Nous serons alors face à un problème de sécurité d'approvisionnement qui trouvera son origine non pas dans le manque d'énergie fossile mais dans la décision politique des pays détenteurs appuyée (au moins rhétoriquement) sur la lutte contre l'effet de serre.

Que doit faire l'Etat ?

Fixer une chronique de prix plancher à la consommation finale

Tout d'abord il doit convaincre les consommateurs que les prix à la consommation finale resteront élevés. Il ne faudrait pas qu'il se contente d'affirmer que le prix du pétrole sur le marché mondial restera élevé. Il faut qu'il ajoute que si ce prix diminue,  il mettra un impôt sur l'énergie fossile de sorte que le prix à la consommation finale reste supérieur à un prix plancher qui, lui, augmentera progressivement et de façon prévisible. Quelle que soit l'évolution du prix mondial, tout le monde en France aura donc intérêt à se préparer à payer son énergie fossile plus cher que dans les années passées. En même temps, l'Etat compensera par des aides sociales les effets de ces décisions sur les faibles revenus. J'ai présenté cela dans "Trop de pétrole !" et, plus récemment, dans un article paru dans les Echos

Augmenter la capacité de production d'électricité nucléaire et fixer le prix de l'électricité

Pour diminuer nos émissions au moindre coût, l'Etat devrait également lancer de suite la construction de deux ou trois tranches nucléaires par an. Or le gouvernement  n'en parle pas ; mais on prévoit la construction de centrales au gaz ou même au charbon !
Redisons-le : il est évident qu'une centrale nucléaire qui tourne sans arrêt coûte moins cher qu'une autre qui ne tournerait que 20 % du temps mais une centrale qui tourne 20 % du temps produit une électricité moins cher si c'est une centrale nucléaire que si c'est une centrale à partir de gaz ou de charbon. L'Etat devrait également continuer de fixer lui-même le prix de l'électricité aux particuliers et aux petits consommateurs.
Or l'intérêt d'EDF est 1 - de ne pas augmenter sa capacité en France et 2- de fixer ses prix au niveau du prix de revient de ses concurrents.
En effet, tous les producteurs d'électricité nucléaire ont intérêt à ce que les capacités nucléaires ne suffisent pas à répondre à la demande d'électricité car, pendant les heures où il en est ainsi, le prix est fixé par les autres modes de production, qui sont beaucoup plus coûteux.
L'intérêt d'EDF est donc complètement opposé à l'intérêt des consommateurs (un prix aussi bas que possible) et à l'intérêt du pays (la sécurité d'approvisionnement).
Cette situation, tout à fait nouvelle en France, est lourde d'incertitudes inquiétantes.
Nous aurons besoin d'électricité pour les véhicules hybrides rechargeables, pour produire du biocarburant en utilisant efficacement la matière organique, et aussi pour se chauffer avec un "chauffage hybride" combinant l'électricité et, pendant quelques centaines d'heures par an, le fioul ou le gaz :  il suffira  d'ajouter un ballon avec une résistance électrique à la chaudière au fioul ou au gaz qui équipe des millions de logements et de couper l'électricité pendant les heures où l'électricité coûte le plus cher. Ces besoins se chiffrent en dizaines de GW, c'est à dire environ un doublement de la capacité de production nucléaire, en trente ans.

L'Etat saura-t-il imposer à EDF les investissements et les prix qui correspondent à l'intérêt des consommateurs et à celui du pays ? Pour l'instant, il n'en a pas pas fait la preuve.

Eviter les réglementations qui obligeraient à faire des dépenses excessives

L'Etat n'a pas le droit de produire des réglementations qui obligent à faire des dépenses inutilement élevées ni de subventionner des opérations inutilement coûteuses. Ce serait une atteinte injustifiée à la liberté individuelle.
Or, sur l'isolation thermique des bâtiments, les intentions exprimées par le Grenelle de l'environnement sont tout à fait déraisonnables car beaucoup trop coûteuses. Il ne sert à rien de faire des travaux qui coûtent plus cher que les économies de chauffage calculées avec un fioul à 1000 €/m3 TTC ou un gaz à 80 €/MWh TTC. C'est du gaspillage car il serait possible de diminuer nos émissions pour moins cher. Les intentions du Grenelle de l'environnement, dont on trouve des traces dans un projet de loi, conduiraient l'Etat à financer des opérations qui ne seraient moins coûteuses que l'utilisation d'énergie fossile que si le fioul coûtait 2000 ou 3000 €/m3 TTC. Espérons que les députés sauront réagir !






L'évolution du prix du pétrole en septembre 2006

              en janvier 2007, le prix du baril passe en dessous de 50 $/bl

En un mois le prix du baril est passé de plus de 75$/bl à 60 $/bl. Cela ne veut pas dire qu'il ne repartira pas à la hausse. Mais rappelons-nous les prévisions qui l'annonçaient à 100 $/bl à la fin de 2006. Cela ne s'est pas produit.

Sur ce site, qui traite de la façon de préparer l'avenir et non de la prochaine secousse conjoncturelle, nous avons toujours jugé que le prix du pétrole ne se stabiliserait pas au-dessus de 50 $/bl en valeur 2005, puisqu'il est possible de produire du liquide à partir de charbon à ce prix. Nous avons aussi rappelé que les schistes bitumineux peuvent être exploités à un coût de 35$/bl.

Ceux qui annoncent de fortes hausses du prix du pétrole ne se rendent sans doute pas compte qu'ils diffusent, en subliminal, un message pervers : ils disent aux responsables politiques qu'il n'est pas nécessaire de prendre des décisions qui conduisent à diminuer la consommation d'énergie fossile puisque la hausse des prix y pourvoira. Il faut prendre le contre-pied radical d'un tel message. C'est pourquoi le titre du livre (à paraître en janvier) qui rassemble les réflexions présentées sur ce site (en y ajoutant des considérations sur l'évolution de la gouvernance mondiale) est "trop de pétrole !" pour signifier, en fait, "trop d'énergie fossile !". Ce n'est pas un propos de circonstance. Depuis trois ans déjà , nous le disons et le répétons : l'humanité dispose de trois fois trop d'énergie fossile. La régulation ne peut donc pas être faite par le marché, mais par des décisions politiques.




Le plan bioéthanol : E85. C'est cher !

Cela coûte plus de 1000 € par tonne de carbone évitée, alors que l'utilisation de biomasse comme chaleur libère du fioul, qui est du gazole, pour moins de 300 € par tonne de carbone évitée

Un plan bioéthanol a été annoncé, avec diffusion d'une "essence" à 85 % d'éthanol, l'E85.

Pour être compétitive avec le gazole, cette "essence", qui aura un pouvoir énegétique inférieur d'un tiers à celui du gazole, sera vendue 0,8 €/l soit 0,67 €/l hors TVA. Les frais de distribution d'un carburant sont de 0,08 €/litre. Ceux de cette "essence" seront supérieurs puisqu'il faudra créer tout un réseau nouveau. Au bas mot 0,15 €/l. L'éthanol pourra donc être acheté 0,52 €/l. C'est, à ma connaissance, le prix de revient annoncé par les producteurs d'éthanol. Cela veut dire tout simplement que, pour rémunérer le producteur d'éthanol comme il le demande, le bioéthanol devrait être à peu près complètement exonéré de TIPP.

Coût pour la collectivité : on fera une comparaison non avec la TIPP de l'essence, mais avec celle du gazole, de 430 €/m3. Si l'on considère que cette TIPP couvre les "coûts externes" de l'utilisation de la voiture (chaussées, encombrement, pollution, risques d'accident), elle devrait être prélevée également sur les utilisateurs d'E85, en fonction du nombre de kilomètres parcourus. Elle devrait donc être de 280 €/m3. Une exonération totale serait donc une aide de 280 €/m3 d'éthanol, soit 430 €/m3 de carburant pétrolier remplacé, soit 570 € par tep, permettant d'éviter l'émission d'une tonne de carbone fossile..

Or, lorsque l'on produit 1 tep d'éthanol, on émet on émet en gaz à effet de serre l'équivalent de 0,4 tonne de carbone. L'aide à l'éthanol s'élève donc, selon ce calcul à 1000 € par tonne de carbone évité, avec un pétrole à 65 € par mètre cube.

Si l'on avait faisait une comparaison avec la TIPP applicable à l'essence, l'aide fiscale serait calculée à 1500 € par tonne de carbone.

Si le prix du pétrole baisse (il est probable qu'il baissera), pour que l'éthanol trouve son débouché, il faudra d'autres aides, soit des aides à l'agriculture, soit un obligation d'incorporation faite aux distributeurs, qui se traduira pas une hause du prix moyen du carburant.

Pour développer l'utilisation de biomasse comme chaleur, ce qui libère du fioul, qui est un carburant, il suffit de 300 €/tonne de carbone, en supposant le pétrole à 50 $/bl, 200 €/tC si le pétrole est à 65 $/bl.







Le crash du marché européen du CO2 - mai 2006

Au début de mois de mai, en une journée, le cours du permis d'émettre du gaz carbonique a chuté des deux tiers de sa valeur. Certains en attribue la cause à l'une ou l'autre de ces deux informations, données la veille : l'une par l'observatoire de l'énergie du ministère de l'industrie montrant que la consommation d'énergie en 2005 n'avaiat pas augmenté et une autre relative aux émissions par les nouveaux membres de l'Union européenne, largement au-dessous de leur quota. Ces informations sont-elles la cause du crash ; ou bien les causes sont-elles plus profondes.

En tous cas ce crash me réjouit car il démontre l'ineptie de ce marché, que j'avais analysée il y a près d'un an dans un article paru dans le Monde.  Pour qu'un tel système fonctionne, il faut que trois conditions soient réunies : la profondeur temporelle, car en entreprise industrielle a besoin de vingt ans pour modifier ses émissions significativement ; l'existence d'une membrane qui permette de faire une différence entre les entreprises soumises à une contrante et celles qui ne le sont pas, sinon, les entreprises soumises à une contrainte arrêteront leur production au profit d'autres établissements industriels situés hors de ce périmètre ; l'Europe y aura perdu et l'atmosphère n'y aura rien gagné. La troisième est une bonne police. Admettons que la troisième condition soit remplie, aucune des deux premières ne l'est. Avec la hausse du prix du pétrole, le prix de marché du quota (jusqu'à 27 €/tCO2) fait monter le coût marginal de l'énergie si haut que certaines entreprises ne vont plus planifier d'investissement ; certes, aujourd'hi elles continuent de fonctionner mais si le marché avait une profondeur temporelle suffisante, elles auraient déjà vendu les quotas qu'elles n'utiliseront plus lorsque leurs machines devront être remplacées, ce qui aurait fait baisser le cours du quota. Ainsi, le cours du permis aurait diminué avec la hausse du prix du pétrole. Il augmentait, au contraire. Et les analystes, unanimes, vous disaient que c'était normal. Il a chuté. Peut-être, remontera-t-il. En tous cas il a montré son instabilité car il n'est fondé que sur des rumeurs ou des anticipations hasardeuses de ce que sera la politique des Etats.

voir  ici une analyse du marché de parties de quotas


Un rapport de l'Assemblée nationale sur l'effet de serre

La mission présidée par M. Le Déhau  a pris conscience de la gravité du changement climatique qui se prépare, si l'humanité n'y prend garde. On notera avec satisfaction que le rapport fait l'unanimité des membres de la mission d'information, toutes appartenances politiques confondues. Mais il ne présente pas un tableau d'ensemble  de la producion et de la consommation d'énergie, ce qui  empêche de se rendre compte des ordres de grandeur (la production de biogaz occupe autant de place que la production d'électricité nucléaire  ou que la biomasse par exemple). Et le rapport fait complètement l'impasse sur les coûts. Il ne peut donc pas hiérarchiser les actions à mener pour diminuer les émissions.

Par contre, il donne des informations très intéressantes sur l'action d'autres pays, note avec justesse que ces actions sont loin de répondre aux enjeux et prend position très nettement pour la création d'un impôt spécifique sur le contenu en carbone fossile des différentes formes d'énergie. Il dit aussi que le systèmes européen de permis négociables ne peut être maintenu que si est créée une taxe à l'entrée de l'Union européenne des produits venant de pays qui ne sont pas oumis aux mêmes contraintes - ce que nous avons écrit ici depuis longtemps.

Pour prendre connaissance du rapport

 



Le cours du pétrole atteint 75 $/bl.

Ecrit en avril 2006

Le prix de l'essence à la pompe en France atteint 1,4€/l. Alors, les émissions françaises vont-elles être rapidement divisées par trois sans intervention particulière de l'Etat ?

Non pour plusieurs raisons.

Lorsque je dis que le prix du carburtant devra être porté à 1,4 €/litre, il s'agit du gazole, avec une TIPP qui est inférieure à celle de l'essence. Et, de plus, il faut ajouter l'effet de l'inflation depuis deux ans. Par ailleurs, je continue de penser que le prix du pétrole se stabilisra à un niveau largement inférieur à 75 ou même 60 $/bl. Mais il faut  attendre pour cela que les  producteurs de pétrole aient accumulé un montant de marge qui leur permette de financer de nouveaux équipements qui produiront un pétrole ou d'autres formes d'énegie pour moins de 35 $/bl puis que ces investissements soient réalisés. Il se peut que le prix monte encore, surtout si la tension avec l'Iran continue de s'aggraver. Mais à terme de dix ou vingt ans, ce pic de prix sera passé. Il n'y a donc rien à changer à ce que j'avais écrit il y a dix-huit mois.

Comment la lutte contre l'effet de serre peut-elle profiter de cette flambée des prix du pétrole ? Nous pouvons réagir de deux façons : ou bien faire moins de voyages en voiture et diminuer la température de nos logements ; lorsque le prix baissera, nous reviendrons à nos habitudes antérieures. Ou bien nous équiper de chauffage au bois ou de pompes à chaleur, mieux isoler notre logement et acheter un voiture qui consomme beaucoup moins.
Alors, lorsque le prix baissera, nous n'augmenterons pas  nos émissions ; mais nous risquons de trouver que nous avons dépensé trop d'argent en investissement...

... sauf si nos dirigeants politiques nous disent qu'en cas de baisse du prix du pétrole, le prix à la consommation finale ne diminuera pas beaucoup car un impôt sur les énergies fossiles aura été institué ; il justifiera ainsi les investissements réalisés pour avoir moins besoin d'énergie fossile.



La flambée des cours du CO2 sur le marché européen

Début juillet, le cours du permis d'émettre du CO2 passe à 20 €/T de CO2, ce qui correspond à  plus de 80 $/T de carbone ou 12 $ par baril de pétrole. Alors que le pétrole en spot passe au dessus de 60 $/bl, la contrainte CO2 en augmente encore le cours de plus de 10 $. Comment expliquer cette hausse du cours du CO2 alors que le prix du pétrole augmente ce qui, raisonnablement, devrait faire baisser le cours du permis ? Il y a des explications compliquées : comme le prix du pétrole augmente, le prix du gaz augmentera donc les producteurs d'électricité utiliseront plus de charbon qu'ils n'avaient prévu ; ils auront donc besoin de plus de permis, donc le prix augmentera.

En fait le prix du permis dépend essentiellement de la quantité globale de permis accordés par l'ensemble des Etats qui participent au dispositif. Or personne, pas même les Etats, ne connaît cette quantité sur la période qui suit 2008 alors que tout investissement de production d'électricité s'évalue sur plusieurs décennies. Lorsque les Etats se rendront compte qu'en imposant des contraintes à des industries (cimenteries, sidérurgie, production d'aluminium, industrie chimique) en concurrence avec d'autres qui ne sont pas soumises aux mêmes contraintes, ils se "tirent une balle dans les pieds", ou bien ils mettront fin à ce système insensé, ou bien ils accorderont suffisamment de quotas pour que les entreprises n'aient pas besoin d'en acheter, et le cours du permis s'effondrera.

Faute de connaître les décisions des Etats sur les trente ans à venir,  le marché est purement spéculatif. Quelques traders habiles ou chanceux en profitent déjà sans doute largement ; merci pour eux. Et les entreprises consommatrices d'énergie hésitent à investir en Europe ; tant pis pour les emplois menacés et pour notre avenir industriel !


 

Le sommet du G8 de juillet 2005, le vrai départ ?

A l'heure où nous écrivons, le 8 juillet, il semblerait que se soit dégagé un accord de principe avec les Etats-Unis, la Chine et l'Inde pour que l'après Kyoto se traite non pas sur des engagements d'émissions mais sur des politiques et des échanges de technologie entre les principales puissances économiques, y compris celles qui "émergent", comme on dit. C'est bien la méthode que nous avions prévue ici : comment des Etats peuvent-ils en effet, comme à Kyoto, s'engager sur des quotas, c'est à dire sur les résultats d'une politique qui ne peuvent apparaître que dans quelques décennies ? Ce sont des fonctionnaires américains, sous la pression d'économistes prosélytes du "marché", qui ont eu l'idée de ces marchés de quotas en espérant ainsi surmonter les réticences des politiques de leur pays. Les Etats-Unis avaient tort de refuser de s'engager dans une lutte contre les émissions de gaz carbonique ; mais ils avaient tout à fait raison sur la vanité de ces engagements à diminuer leurs émissions dans les cinq ou dix ans à venir.  Il fallait aussi la participation des autres pays qui émettent beaucoup de gaz carbonique. Nous sommes donc peut-être désormais sur le bon chemin. On s'apercevra que, pour faire émerger ces nouvelles techniques, chaque pays devra mettre un impôt sur l'énergie fossile ; la justification en sera la lutte contre l'effet de serre et peut-être, aussi, la sécurité d'approvisionnement.

Un objectif de réduction des émissions d'ici 15 ans ? Il est à côté de la question

Le conseil des ministres européen a décidé en mars 2005 de se donner comme objectif  une réduction de 15 à 20 % des émissions européennes en 2020, c'est à dire dans quinze ans.

Or, même si nous prenons de suite des mesures de fond qui permettent de diviser nos émissions par trois dans trente ans, d'ici quinze ans, elles n'auront peut-être pas diminué, comme on le montre ici.

Est-il donc pertinent de se fixer des objectifs que l'on ne pourra sans doute pas atteindre alors que tout le monde s'accorde sur la plupart des mesures qu'il faut prendre de suite ? Voir ici les termes du débat

On devine les futures discussions et chicayas sur le pertinence de l'objectif, la répartition du fardeau entre les pays, puis sur toutes les raisons à invoquer pour expliquer que l'objectif ne pourra pas, ne peut pas, n'a pas pu être atteint...
     .... comme on le voit aujourd'hui au sujet de cet autre objectif fallacieux, qui est de produire à partir d'énergie renouvelable 21 % de l'électricité que nous consommons . On discute mainenant sur la façon de compter la consommation (faut-il y inclure l'électricité consommée par le système électrique lui-même ?) alors que l'urgence est de décider de suite la création d'une taxe climat sur l'énergie fossile, la construction de deux tranches nucléaires par an, le lancement de cultures énergétiques etc.
 


 
 
 
La hausse du prix du pétrole

                     Quels enseignements pour préparer le long terme

écrit en octobre 2004

     et relu en septembre 2005 ... avec peu de changement   ; avec quelques annotations ajoutées en août 2008    

Une hausse durable ou passagère ?

A la mi septembre, le cours du brent, qui sert de référence, dépasse 50$/bl. 65 $ en septembre 2005. Jusqu'à 130 $/bl en juillet 2008. Qu'en penser ?

Selon certains experts le prix pourrait encore augmenter ; selon le gouvernement il reviendra vers 30$/bl. - en septembre 2005, le gouvernement dit qu'il pense que la hausse est durable, mais sans dire combien de temps.

Selon les spécialistes, les capacités de production sont suffisantes pour répondre à la consommation mais la marge est étroite.

Que veut dire "capacité de production" ?

La capacité de production est la plus petite de toutes les capacités suivantes : extraction, tranport, par pipe ou par bateau, raffinage pour faire les différents produits, du kérosène des avions à l'essence, au diesel et au fioul.

Il semble que la capacité de production est suffisante, même en tenant compte des difficultés rencontrées en Irak. En septembre 2005, compte tenu de la hausse de la demande chinoise, les capacités de production apparaissent insuffisantes, mais le pétrole existe bien pour répondre à la demande encore longtemps. Il est plus exact de dire que l'on peut prévoir la "fin du pétrole" mais ce sera un "non événement" puisque l'on produira alors du liquide à partir de charbon.

Comme la marge entre capacité de production et demande est faible, par prudence ou par spéculation, certains opérateurs veulent se constituer des stocks ou les augmenter. Alors la demande est supérieure à la consommation et atteint les limites des capacités. Si quelques opérateurs prévoient que la consommation va augmenter ou que les troubles vont diminuer la capacité de production et que les prix, en conséquence, vont encore augmenter dans les mois qui viennent, ces opérateurs estiment qu'ils ont intérêt à acheter même à un prix supérieur à 50 $/bl. Il y a aussi ceux qui n'ont pas d'idée sur l'évolution des capacités ni de la consommation mais qui pensent que d'autres pensent que etc. C'est ainsi que se forment les "bulles spéculatives". Même si les quantités demandées qui "dépassent" la capacité de production sont faibles, le prix augmente et s'applique à l'intégralité des ventes indexées sur le marché spot. Jusqu'à quand ? 

La hausse des prix aura un effet sur la demande. D'abord cet effet sera faible car les consommateurs que nous sommes peuvent penser que la hausse ne durera pas. Puis, si la hausse promet d'être durable, les consommateurs s'adapteront. Dans un premier temps, ils diminueront simplement les quantités consommées sans changer leur équipement, puis ils s'équiperont pour avoir moins besoin de consommer de produits pétroliers (ou de gaz, car le prix du gaz suivra), mais cela prendra du temps.

Si la capacité de production diminue, suite par exemple à des attentats, la situation pourra être durable et les cours pourront encore augmenter ; les consommateurs en seront informés et feront en sorte de diminuer leur consommation.

De leur côté, les producteurs ont certainement commencé à faire ce qu'il faut pour augmenter leur capacité car il ne manque pas de pétrole et le prix de revient de production est très largement inférieur à 50 $/bl ! Rendu à nos ports, hors les impôts prélevés par les pays producteurs, il est très souvent inférieur à 10 $/bl. Que l'on ne parle donc pas de pénurie.

Il faut aussi envisager que les pays producteurs de pétrole prennent goût à cette situation de prix du pétrole très élevé, qui déverse de centaines de milliards de dollars dans leurs caises et en même temps ménage leurs réserves de pétrole. Alors on sort des lois du marché concurrentiel auxquelles les gouvernements se fient peut-être un peu trop.

Mais si le prix devait rester longtemps à 50 $/bl (en 2008 on parle plutôt de 70 ou 80 $/bl : le dollar a baissé et les coûts des équipements dans le domaine de l'énergie ont considérablement augmenté), il deviendrait intéressant de faire un liquide équivalent à partir de charbon et les quantités de charbon accessibles sont considérables et très réparties sur terre.  Cela se fera certainement mais les quantités ainsi produites ne seront pas importantes avant dix ou vingt ans, sans doute.


A notre avis, le prix du pétrole ne restera donc pas durablement au-dessus de 50 $/bl (mieux vaut parler de 70 $/bl) mais, pour  augmenter la capacité de production, de transport ou de transformation, il faut du temps, de quelques mois à quelques années. L'abondance de carbone fossile n'empêchera pas des chocs de prix.

Si la capacité de production ne diminue pas, a fortiori si elle augmente après des investissements de dégoulotage, les cours retomberont au niveau jugé raisonnable par l'OPEP et qui faisait l'objet d'un consensus, c'est à dire autour de 30 $/bl, peut-être même plus bas si tous ceux qui ont constitué des stocks ont besoin de liquidités.
 

Que le court terme ne cache pas le long terme, mais l'éclaire

Dans une perspective à long terme, il ne faudrait pas perdre de vue que le monde dispose de quantités très abondantes de carbone fossile - suffisantes pour satisfaire une demande croissante sur près de cent ans  et deux ou trois fois trop abondantes si l'on veut effectivement lutter contre le changement climatique!

Donc, à notre avis, en ce qui concerne la politique française de lutte contre l'effet de serre, cette hausse du cours du pétrole n'aura guère d'effet à échéance de 20 ou 30 ans sauf si

      elle fait réfléchir à un monde où  l'on consommerait beaucoup moins d'énergie fossile

      et si elle fait prendre conscience qu'une augmentation voulue, progressive et prévisible du prix de l'énergie à la consommation finale est tout de même préférable à des hausses brutales et imprévisibles qui s'imposent à nous sans que l'on n'y puisse rien.

Cette montée des prix aurait même un effet négatif si elle laissait croire que le jeu du marché serait suffisant pour lutter contre l'effet de serre : au contraire une décision de principe pour une hausse régulière et durable du prix à la consommation de l'énergie fossile reste urgente pour que les acteurs s'engagent réellement sur la voie d'une forte diminution des émissions de gaz carbonique. En 2008, aucune décision fixant un prix minimum de l'énergie finale n'a encore été prise.
 

Sur les ordres de grandeur : des hausses imprévisibles et brutales ou une hause progressive et régulière ?

Un baril vaut un septième de mètre cube. Une hausse de 20 $/bl (50 contre 30) soit 140 $/tonne ou encore 120 €/tonne représente environ 14 centime d'euro par litre de carburant soit, pour une voiture qui parcourt 15 000 km par an avec une consommation moyenne de 7 l/100 km une augmentation de dépense de carburant de 140 €/an, 12 € par mois.

Nous faisons aujourd'hui  l'expérience d'une hausse du prix du litre de carburant de 9 cme€ en six mois (de mars à septembre). Dans notre scénario de division par trois des émissions  le prix à la consommation du litre de carburant augmente seulement de 1 cme€/an -  pendant 30 ou 40 ans, c'est vrai, mais cela laisse le temps de se retourner.

Un plan à long terme doit prévoir une augmentation des impôts. Aujourd'hui la TIPP sur les carburants couvre les effets externes de la circulation automobile sans compter l'effet de serre. Il n'y a donc aucune raison de diminuer la TIPP lorsque le prix du pétrole augmente. Il serait commode de distinguer un impôt qui tient compte de l'effet de serre. Celui-ci, qui s'ajouterait à la TIPP, pourrait être modulé en fonction du prix mondial de l'énergie de façon à atténuer l'effet de ses fluctuations sur le prix à la consommation finale pour que celui-ci augmente de façon régulière. Cela nous mettra à l'abi des fortes fluctuations. 

Ce sera appréciable car, même dans une situation d'abondance de carbone fossile, nous connaîtrons certainement d'autres chocs de prix, dont les causes  seront non pas physiques (la perspective d'une pénurie) mais stratégiques.
 

La hausse du prix sera utile si elle se répercute sur le prix de consommation.

Certaines professions font valoir le surcoût entraîné par cette hausse. Soit ! Mais pourquoi ne le répercutent-elles pas directement sur les prix de vente de leurs produits plutôt que de demander une aide publique qui en définitive sera financée par l'impôt, c'est à dire fera supporter ce surcoût par tout le monde, même ceux qui ne consomment pas de leurs produits ? On comprend que les professions les plus touchées souhaitent amortir le choc et étaler ses effets. Mais ne vaudrait-il mieux pas que les consommateurs, par les prix, soient bien informés du coût de l'énergie ? Ils seront alors incités à mieux l'utiliser. Les compensations pourraient donc être utilement accordées, peut-être en référence aux consommations passées, mais non pas en référence aux consommations à venir.
 

Quelques commentaires sur les commentaires

On entend souvent parler de pénurie de carbone fossile et très peu des possibilités de la biomasse et de la surabondance de charbon.
 
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La Russie ratifie le protocole de Kyoto

Est-ce important ?

Oui puisque cela permet d'atteindre le seuil qui rend possible la mise en oeuvre le protocole de Kyoto.

Mais il ne faudrait pas penser que l'on a fait pour autant un grand pas vers la victoire contre le changement climatique, loin de là !

Le principal mérite du protocole de Kyoto est d'avoir fait discuter tous les pays sur la question de l'effet de serre et d'en avoir convaincu quelques-uns de s'engager sur des quantités maximum d'émissions. Le principal risque du protocole de Kyoto serait de laisser penser que nous sommes sur la voie de résoudre la question.

Kyoto prévoit une quasi stabilisation des émissions par quelques pays alors qu'il faut diviser les émissions totales par deux et que les pays dont les émissions augmentent le plus vite n'ont pris aucun engagement - et que celui qui émet le plus n'en a pas pris non plus.

Par ailleurs, rien de sérieux n'a été décidé pour faire respecter les engagements.

La Russie s'engage - fort bien. Mais à quoi au juste ? A limiter ses émissions à un niveau qui est largement supérieur à ses émissions actuelles ! En  paraphant le protocole, elle acquiert la possibilité de "vendre"  à d'autres pays la différence entre son droit d'émettre et ses émissions réelles. Sa signature lui ouvre donc la possibilité de recevoir des financements nouveaux et donne à d'autres pays  la possibilité d'émettre plus que ce à quoi ils se sont engagés.

A l'annonce que la Russie paraphera le protocole de Kyoto, il y a donc plusieurs réactions possibles...
 

Pour notre part, nous pensons que pour contribuer à réduire les émissions mondiales, la politique la plus sage est d'agir par nous mêmes pour réduire nos propres émissions sans attendre de pouvoir nous appuyer sur des dispositifs multilatéraux incertains et fragiles. Et nous y trouverons d'autres avantages. Nous pouvons aussi proposer à d'autres pays de l'Union européenne des coopérations renforcées ; et l'Union pourrait proposer à de grands pays des coopérations stratégiques.

Voir ici : la France, agir seule ??
 
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